dimanche 25 juillet 2021

Quelques décorations

     Ces derniers jours ont été l'occasion de décerner et de redistribuer quelques décorations. Toute ressemblance avec l'extravagance des Généraux soviétiques ou nord-coréens serait fortuite.

A noter, à l'instar des photographies d'époque, que l'ordre de port n'est pas forcément respecté.


DE LA CRIMEE AU MEXIQUE

     Notre Chef d'escadrons du 3ème Chasseurs à cheval - régiment résidant presque exclusivement en Algérie sur la période qui nous intéresse - a, lui, quelque peu baroudé avant cette affectation intervenant au milieu de la décennie 1860, comme en témoignent ses décorations.


Sous la lavallière nouée en papillon au col, telle le dicte la mode d'alors, de gauche à droite:

- Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur (1852)

- Médaille britannique de la Campagne de Crimée, sans agrafe (1856)

- Croix de 5ème classe de l'ordre turc du Medjidie (1852)

- Médaille de la campagne du Mexique (1863)

- Croix de Chevalier de l'ordre impérial mexicain de Notre-Dame de la Guadalupe (en vermeil, 1863) 


LE RETOUR D'ITALIE

     Avant la permutation au 12ème Dragons - régiment non-engagé depuis 1815 -, le Capitaine de Cavalerie arbore les médailles décernées à la faveur de la Campagne d'Italie.



 - Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur (1852)

- Médaille de la Campagne d'Italie (1859)

- Médaille sarde de la Valeur Militaire (fabrication française, 1859)

- Croix de Chevalier de l'Ordre [sarde] Militaire de Savoie (1855)


DE BRUXELLES AU BOSPHORE

     Comme observé sur les photographies d'époque, les Officiers supérieurs de Spahis ne semblent pas opter pour le port ostensible de toutes leurs décorations et certains se contentent de la seule croix de la Légion d'Honneur. Tentons donc un écart. Notre Lieutenant-Colonel de Spahis porte là les souvenirs de plus de trente ans d'engagements, dont les liens tissés avec la Belgique depuis 1831 au sein de l'Armée du Nord. Aussi, fidèle aux Capitulations de 1535, la France protège les Chrétiens - et le Pape, avatar d'une supériorité politique française sur ce dernier. C'est donc tout naturellement que notre officier arbore l'ordre de Pie IX, acquise au gré d'un ou plusieurs séjours antérieurs à Rome, avant son départ pour la Crimée.



 - Croix d'Officier de la Légion d'Honneur (1852)

- Croix d'Officier de l'ordre belge de Léopold (1er type, 1832)

- Croix de 4ème classe de l'Ordre pontifical de Pie IX (1847)

- Médaille britannique de la Campagne de Crimée, quatre agrafes (1856)

- Croix de 4ème classe de l'ordre turc du Medjidie (1852)




dimanche 18 avril 2021

Officier de Chasseurs à cheval, vers 1860

 




CHEF D'ESCADRONS AU 3EME CHASSEURS A CHEVAL - 1860 / 1868

Reprenant peu ou prou un article précédent relatif à un Capitaine du 11ème Chasseurs à cheval, voici un Officier supérieur du 3ème, qui passe la première partie de la décennie 1860 en Algérie. 

Shako d'Officier de Cavalerie légère modèle 1855: Fût en carton recouvert de toile cirée noire, visière carrée et intérieur doublé de soie bleu. Celle-ci étant malheureusement en mauvais état, très sèche et en dislocation. Jugulaires intérieures en cuir noir. Le bandeau de sudation est doré au petit fer. Le pompon est celui destiné aux Officiers supérieurs. Je m'en suis depuis séparé, en attendant un talpack.

Dolman de Capitaine modèle 1854Sur fond de drap vert foncé d'officier. L'avant fermant au moyen de 18 brandebourgs, chacun ornés de trois boutons-grelot estampés du chiffre 3. Brandebourgs et garnitures en poil de chèvre noir. Galons en nœuds hongrois en soutaches d'argent.
S Intérieur en drap écru avec ceinture de maroquin vert. Doublure du col velours.

Giberne d'Officier modèle 1845/52: Le coffret est désormais estampillé de l'aigle couronné. Il est suspendu à une banderole en galon soubise argent traversé par trois raies vert foncé sur laquelle des éléments dorés au mercure complètent l'effet.

Giberne d'Officier de campagne: Visible sur le cliché représentant le buste de dos, une giberne de campagne avec banderole en maroquin rouge/orangé, assorti au coffret, dont les boutons-grelot argent sont marqués du chiffre 3.

Sabretache d'Officier de Cavalerie légère modèle 1852: Cet élément est attribué aux Chasseurs en 1860. Il est commun aux Hussards. En cuir verni noir, est suspendue la sacoche sur laquelle l'aigle couronné est apposé. Le ceinturon se ferme au moyen d'un ardillon guilloché. Tout l'ensemble est en état quasi-neuf.

Décorations: Aux côtés de la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur du modèle ordonnance 1852, on trouve la croix de Chevalier de l'ordre sarde de St. Maurice & Lazare, la médaille britannique de la Campagne de Crimée ainsi que la croix de Chevalier de l'ordre turc du Medjidie. A noter que le 3ème régiment de Chasseurs à cheval n'est pas présent en Crimée (ni en Italie): les décorations sont là le témoignage d'une précédente affectation. 

Sabre fantaisie d'Officier de Cavalerie dit "d'Afrique": Souvent observé sur des photos d'époque, le sabre est largement populaire sous le Second Empire. Ici, il est constitué d'une lame à doubles pans creux d'Officier de Cavalerie de ligne modèle 1817 ramenée à 92.5cm et d'une garde en fer montée sur une fusée recouverte de galuchat à triple filigrane. Lui est suspendue une dragonne d'Officier supérieur modèle 1845.



Je recherche:
- Talpack d'Officier de Chasseurs à cheval modèle 1854
- Cordon-raquette tressé noir d'Officier supérieur
- Pantalon d'Officier de Chasseurs à cheval
- Une pelisse fantaisie noire ou verte de Chef d'Escadrons

mardi 31 mars 2020

Je recherche...

Profitant du confinement pour faire un point, voici les objets dont je suis en quête afin de parfaire ma collection:

SECOND EMPIRE :


- Képi d'Officier de Carabiniers
- Talpack d'Officier de Chasseurs à cheval M1854
- Kurtka de petite tenue d'Officier de Lanciers de la Garde
- Habit à basques courtes d'Officier de Cuirassiers M1845
- Matelassure d'Officier pour cuirasse; en deux parties, à bourrelets bleus bordés d'argent.
- Banderole de giberne sans ornements en buffle surpiqué (bonne longueur) 

Si vous disposez de ces effets et que vous êtes désireux de vous en séparer ou si vous connaissez une personne dans cette démarche, n'hésitez pas à me faire signe! :) Merci!

mardi 18 février 2020

Epée d'Officier des Dragons de l'Impératrice


Epée du Colonel F. MASSUE, Chef de corps des Dragons de l'Impératrice

Ce modèle d'épée est commun aux Officiers de Dragons de l'Impératrice, aux Officiers de Cuirassiers de la Garde Impériale ainsi qu'aux Aides de Camp et Ordonnances de l'Empereur. 

Cet effet est porté avec le frac en tenue de ville ou tenue de bal. N'étant ainsi pas destinée à être sorti de son fourreau, elle demeure assez fragile, particulièrement au niveau du fourreau et du filigrane.

La garde est en laiton richement gravé et doré avec croisière à pas d'âne. Le clavier est orné d'une coquille Saint Jacques et poinçonné aux lettres "AB". La fusée de bois est filigranée sur toute sa surface. Le pommeau est orné de l'aigle impérial en relief. On peut trouver des variantes quant à se motif:
- Un soleil personnifié, habituellement réservé aux épées d'Officiers de Carabiniers - épées d'un modèle similaire mais aux pièces de laiton argentées.
- Un N dont la présence porte l'attribution de l'effet vers les Cent-Gardes.

La lame triangulaire de 854mm, sans motif, est marquée en son talon de l'entreprise Aurilan, fourbisseur inconnu par moi, à moins que ma vue ne me joue des tours... La fine cravate en laine rouge est d'époque. Elle est recouverte par un fourreau souple en cuir glacé noir à deux garnitures de laiton.

Au verso de la chape, la date - ô combien symbolique pour les deux Empires! - du 2 Décembre (1865) immortalise la prise de commandement du Régiment des Dragons de l'Impératrice par le Colonel Felix MASSUE (1811-1869), futur Général issu du simple rang, qui marquera, par sa personnalité haute en couleurs, le 2ème Régiment de Carabiniers dont il fut également le Colonel. Une page et un article lui sont consacrés sur cet excellent site:

Une dragonne d'Officier supérieur modèle 1845 à cordon en maille d'or, ôtée pour la prise de vue,  vient compléter l'ensemble.


jeudi 31 octobre 2019

Officier de Dragons, vers 1860


CAPITAINE AU 12ème DRAGONS - 1852 / 1868

Dans le prolongement du premier article de ce blog, voici une variante de tenue.

En campagne, les officiers adaptent leur uniforme: le plastron est tourné du côté vert, le plumet est ôté du casque qui peut être lui-même remplacé par un képi ou un bonnet de police. Côté buffleterie, l'imagerie d'époque nous montre quelques pratiques: ceinturon de buffle remplacé par celui de cuir verni noir, affectionné par les Carabiniers, et giberne remplacée ou recouverte par une protection de maroquin cramoisi ou noir.

Ici, ledit ceinturon côtoie cette giberne dont les boutons au chiffre 12 reprennent le numéro du régiment à laquelle est affecté notre officier. Avec eux, une dragonne de petite tenue en soie.
Le coffret de giberne, à l'aigle non-couronné et à son effet en pointe évoque une fabrication du début du Second Empire. Ses pièces de laiton latérales sont guillochées. 



mercredi 30 octobre 2019

Officier de Cuirassiers, vers 1865


COLONEL DE CUIRASSIERS - 1863 / 1871

Ayant quelque peu réorganisé mes effets de Cuirassiers, voici désormais un buste de Colonel avec une cuirasse M1855 et un gilet M1863. La plupart des objets ayant été décrits dans les articles précédents, hormis l'aigrette M1845, ce dernier sera succinct.
En attendant un tunique M1859 qui servirait un article plus étoffé... Mais je peux rêver!

samedi 8 juin 2019

Officier de Spahis, vers 1860


LIEUTENANT-COLONEL DE SPAHIS - 1858 / 1863

Les éléments suivants, hormis le sabre et les décorations, ont appartenu au même homme dont je suis à la recherche de l'identité. Selon les indices laissés par la tenue, il s'agirait probablement de l'uniforme d'Alphonse FORCEVILLE (1820-1895).

Les Spahis sont souvent présentés en configuration "Expédition du Mexique". J'ai opté pour une configuration antérieure.


- Képi de Lieutenant-Colonel de Spahis: Le coiffe en drap de ciel foncé est ornée de cinq galons panachés plats. Quatre galons or constituent l'ornement de la calotte. La fausse jugulaire or est maintenue par deux boutons-grelots de même teinte. L'intérieur de la coiffe est en soie noire. C'est d'ailleurs la dominante de cet intérieur: le bandeau de cuir ainsi que le revers de la visière carrée sont tous deux noirs.Seule exception: le fond fait de soie écarlate.

- Spencer de Lieutenant-Colonel de Spahis: Apparu à la fin de la Monarchie de Juillet, ce modèle à brandebourgs flottants est remplacé dès 1862 par un effet similaire boutonné. Dans la pratique, ce dolman restera porté jusqu'à la fin du Second Empire.
Fait de drap rouge, l'ensemble se ferme au moyen de sept brandebourgs flottants maintenus par des olives de chèvre noires ainsi que des crochets disposés de façon inversée tout le long de chaque pan. L'ornement oriental varie selon les tailleurs. Ici, il se compose d'arabesques de chèvre noire ainsi que d'un large papillon au dos, encadré de chaque côté par trois bandes noires. Les fausses crevures aux revers des poignets sont symbolisées par une rangée de boutons-grelots or. Sur chaque manche, au dessus des parements de ciel foncé assortis au képi, sont montés les galons panachés de Lieutenant-Colonel en forme de nœud hongrois et de fer de lance.
L'intérieur est doublé de toile écrue. Le col est serti de velours brun. Quant à la taille, elle est marquée par une ceinture cousue de maroquin vert.
Fait intéressant, ce spencer porte la griffe du célèbre tailleur Paule avec la mention "Régiment des Guides", brodée d'or sur un rectangle de soie vert foncé. Cette mention donnera peut-être un indice sur son propriétaire originel bien que toute la bonne société militaire du Second Empire s'y précipitait. 


L'effet est complété par les décorations suivantes:
- Une croix d'Officier de la Légion d'Honneur en or (1852)
- Une médaille de la campagne italienne de 1859
- Une croix de Chevalier de l'Ordre Militaire de Savoie (Sardaigne)
- Une croix de Chevalier de l'Ordre du Medjidie (Turquie)
- Une médaille de la Campagne de Crimée avec quatre agrafes (Grande-Bretagne)
- Une croix de Chevalier de l'Ordre de St. Maurice & Lazare
L'ordre conventionnel du port des décorations n'est ici pas tout à fait respecté pour des raisons d'esthétique. 



Les Officiers de Spahis ne portent pas de giberne sous le Second Empire.

Cordon-raquette d'Officier Supérieur: Supprimé par le règlement de 1860, il sera toutefois porté au-delà par certains selon une certaine fantaisie propre aux officiers. En chèvre noire, tressé sur toute la longueur, il est du type "Garde Impériale pour la petite tenue". Les pompons d'Officier Supérieur complètent cet élément de toute rareté. 

- Ceinture-écharpe d'Officier de Spahis: Faite de soie cramoisie, elle se termine par deux pompons de cannetille or à cordes de pluie. Elle est maintenue par une bague cramoisie.

- Ceinturon d'Officier de Spahis M1858: Doublé de maroquin bleu, il est confectionné grâce à un large galon or traversé par plusieurs raies bleues. Les bélières sont terminées par deux mousquetons en laiton.Le plateau en laiton doré est orné d'un croissant islamique et d'une étoile, rappelant l'encrage de ces unités en Algérie. A mon sens, cet élément est le plus rare à trouver sur ce lot. 



- Pantalon flottant d'Officier de Spahis: Non-visible sur le cliché, ce pantalon a été confectionné avec le spencer, comme le rappellent ses boutons portant la mention "Paule Régiment des Guides". Il est réalisé en drap de ciel foncé et orné d'une bande rouge sur chaque jambe. Il se termine par des lanières boutonnées permettant le maintien aux pieds.

- Bottines d'Officier: Non-visibles également. En cuir glacé noir, et agrémentés d'éperons vissés, elles prennent la forme de souliers pointus et de fausses guêtres sur le coup de pied. Elles se ferment au moyen de petits boutons en émail noir maintenus par des fils de fer. Leur talon est malheureusement troué suite à un ancien montage sur un mannequin... Elles portent la mention "17ème d'infanterie" selon un tampon gravé sur les semelles. Elles auraient tout critère pour être portées avec une tenue civile. Sont aussi intégrés dans la tenue une paie de gants en peau retournée couleur beurre.

- Sabre d'Officier de Cavalerie: D'un modèle de fantaisie à lame droite et poignée recouverte de galuchat, il est présenté dans un article précédent (photo avec le ceinturon de petite tenue d'Officier de Lanciers). Lui est suspendue une dragonne d'Officier supérieur modèle 1845.










samedi 5 janvier 2019

Eléments d'Officier de Lanciers de la Garde Impériale modèle 1854




LIEUTENANT DES LANCIERS DE LA GARDE IMPERIALE - 1854 / 1870

En état quasi-neuf, la schapzka d'Officier (Capitaine) a le mérite d'être complète (cordon-raquette dans sa boîte, plumet, jugulaires à anneaux striés). La production semble dater des années 1860. Si l'intérieur n'est pas luxueux, l'Officier a opté pour une fantaisie consistant en une plaque dorée descendant à ras de la visière, accentuant ainsi la rectitude de la face avant dont une partie devait, selon une absurde mode en vigueur, couvrir un oeil jusqu'à en cacher la vision.

Visibles sur la photo, les aiguillettes d'Officier de la Garde Impériale, encore en boîte. Absent du cliché, le sabre d'Officier de Cavalerie de ligne modèle 1822, affecté théoriquement à ce corps bien que le modèle de la Légère le supplante amplement.

La giberne de grande tenue, dans un état certes moyen dû à l'usure des couleurs de la banderole - la soubise devrait être dorée et les rayures, bleues -, a appartenu au Colonel Yvelin de Béville, commandant le régiment dès 1865. Elle provient de la collection du Prince de la Moskowa.
Le ceinturon est dans un état comparable, complet mais terni: l'or apparaît argent et les rayures bleues sont passées. Il est doublé de velours bleu. Le plateau accède à une fantaisie: l'aigle est argent.

Les épaulettes sont or à fond blanc avec bouton à l'aigle. 

En attendant une kurtka de grande tenue d'Officier.






A notre que les Officiers de Lanciers de la Garde Impériale disposent d'une petite tenue élaborée à partir d'une kurtka bleue fermant au moyen d'une rangée de boutons, d'une giberne à fond de cuir noir verni et d'une ceinturon similaire ainsi que d'une schpazka recouverte de toile cirée dont seules quelques fantaisies rappellent leur appartenance à la garde. Mais cette tenue sera l'objet d'une recherche dans un futur probablement lointain.

dimanche 12 août 2018

Sabre de luxe d'Officier de Cavalerie légère - Fin 1er Empire / Restauration



Sabre de luxe d'Officier de Cavalerie légère type AN IX


    Les sabres de type An IX d'Officier de Cavalerie légère comptent parmi les plus appréciés des Officiers de Cavalerie légère. Du 1er Empire au début de la IIIème République, une multitude d'exemplaires témoignent des goûts et des modes, en parallèle des modèles réglementaires. Sans davantage de marquages, le style du sabre permet d'effectuer une datation. 

      Cet exemplaire, à la garde travaillée et (anciennement) dorée, ainsi qu'avec sa fusée en ébène quadrillée semble avoir appartenu à un riche officier, voire à un officier supérieur. Les anneaux de bélière au fourreau abondent en ce sens.

      La garde à long quillon ainsi que le fourreau en fer poli se terminant en bouton évoquent davantage un effet fabriqué sous la Restauration. La calotte à longue queue est gravée de trophées floraux (raisin et feuilles de chênes); les branches sont frappées de motifs arrondis se juxtaposant. Malheureusement, un ovale en laiton doré parfaisant l'ensemble sur la face externe de la fusée a disparu. On en aperçoit la trace.

      On s'attend à ce que les sabres de la Restauration soient conçus pour symboliser le faste propre à son possesseur, les charges héroïques s'étant évaporées avec la chute de l'Empire, les sabres échappent peu à peu à leur vocation d'armement stricto sensu.                     Cependant, ce sabre a été largement porté: le dard en bouton du fourreau présente une usure conséquente due au frottement sur le sol et le fourreau, entre les anneaux de bélière, présente la trace d'une prise en main répétée, l'acidité de la peau l'ayant, au fil du temps,attaqué à cet endroit. 

         La lame, sans jeu de mots, tranche avec le reste de l'ensemble: . Produite à Solingen ,comme le signale le S stylisé à sa base, elle est parfaitement affûtée sur les deux derniers tiers; sa pointe m'a d'ailleurs blessé par mégarde...  
        Si ses caractéristiques la rapprochent ainsi d'une lame de combat, ses motifs (le bleui au tiers s'arrêtant net et les trophées gravés et dorés) semblent être quelque peu désuets depuis la Restauration. Ces deux constats faits, elle paraît correspondre à une lame produite sous le 1er Empire.
       
       On pourrait ainsi dater ce sabre du début de la Restauration, par la réutilisation d'une lame produite sous la fin de l'Empire et l'agrégat d'une garde et d'un fourreau aux goûts contemporains du règne de Louis XVIII. L'usure de certains éléments ainsi que le tranchant bien réel de la lame laisse imaginer le profil de l'Officier à qui il appartenait. 

       A noter que les Officiers de la Cavalerie légère n'ont pas été les seuls à se pourvoir de ce type de sabre. Les Lanciers, Artilleurs, la Garde, etc en ont aussi usé des quantités. Ce type de sabre, dans des caractéristiques certes  bien moins séduisantes, est d'ailleurs aujourd'hui attribué à tous les Officiers de l'Armée de Terre par son descendant, le modèle F1 de 1974.








mercredi 4 juillet 2018

Sabre fantaisie d'Officier de Cavalerie




Présenté avec un ceinturon de petite tenue d'Officier de Lanciers modèle 1845 en cuir verni noir, ce sabre, comme tant d'autres tout au long du XIXème siècle, illustre l'innombrable panel de sabres fabriqués à la demande, aux goûts de l'officiers, en dehors du règlement.

L'iconographie et la photographie d'époque démontrent que nombres d'entre eux ont choisi de s'écarter des modèles réglementaires 1822 de la Légère et de la Ligne voire du nouveau 1854 de Carabiniers et de son contemporain pour Dragons.

Ce sabre est ainsi constitué d'une garde dorée d'Officier de Cavalerie légère modèle 1822, à laquelle est suspendue une dragonne de campagne en soie noire tressée, montée sur une forte lame droite et polie de 99.5cm à une gorge. Aucun marquage ne peut évoquer le fabriquant et le fourbisseur, si ce n'est un poinçon mal frappé et donc difficilement déchiffrable.
La fusée filigranée est recouverte de galuchat.

La garde est distinctive de la période 1822 à la fin des années 1840: la fleur de lys renversée orne encore son quillon. Pour autant, la lame paraît postérieure: ce montage semblerait donc avoir été effectué au début du Second Empire; en effet, certains témoignages évoquent des sabres droits non-réglementaires portés par les Officiers de Cavalerie dès la Guerre de Crimée, avant de se généraliser durant la décennie 1860.

samedi 24 février 2018

Forte-épée modèle 1817




SABRE D'OFFICIER DE CAVALERIE DE LIGNE DIT "FORTE-EPEE" MODELE 1817


Ce sabre destiné aux Cuirassiers, Dragons, Carabiniers et Grenadiers à cheval, a eu une carrière courte. S'il en passe de temps en temps en enchères, il n'en demeure pas moins assez rare. 

En effet, les officiers préférant conserver leur sabre avatar des charges glorieuses du 1er Empire, ils boudent ce modèle avant d'adopter le modèle 1822 pour la ligne - très bien reçu contrairement aux "ragots" - voire d'autres sabres fantaisies au goût des modes de la Restauration. Il reste donc assez peu produit durant 5 ans à peine. 
On retrouve toutefois des officiers affublés de cet effet jusque sous le Second Empire, y compris chez des hommes servant dans la Cavalerie légère.

La palmette au centre de la garde est commun à tous les corps, à l'inverse des armes propres à certains régiments (Condé, Dauphin, Cuirassiers de la Reine, etc...) dont ce sabre modèle 1817 se destine à les supplanter.
La lame est ici courbe, à deux pans creux. On trouve des modèles à lame droite. Celle-ci est gravée, anciennement bleuie au tiers.
Le fourreau est assez simple; certains effets reçoivent, au choix de l'officier, un fourreau plus chamarré, avec cuvette et anneaux en laiton.
Au sommet de la calotte, une fleur de lys est gravée.