samedi 22 avril 2017

Casque d'Officier de Dragons modèle 1845

Afin de remplacer les modèles vieillissants 1825/30, un nouveau modèle est essayé dès 1844, en faible quantité.

Sur le modèle de troupe et sur le modèle d'officier, la peau de fauve (de la vache marine teintée) remplace le bandeau métallique à la grenade adopté en 1825. Ce modèle à bandeau de peau n'est pas sans rappeler les fastes de la Cavalerie du 1er Empire. A ce titre, il conquiert vite l'enthousiasme de la troupe et des cadres dont le modèle 1825/30 ne donnait guère satisfaction, en particulier par son centre de gravité placé en hauteur et en arrière, ce qui ne manquait pas de déséquilibrer l'ensemble sur la tête du cavalier.


Un an plus tard, en 1845, ce nouveau modèle de 1844 connaît quelques modifications pour parvenir à son dessin final: aussi, afin d'amoindrir encore la question de l'équilibre, les proportions de la bombe sont quelque peu revues à la baisse quant à sa hauteur. Les jugulaires en "huit" striées, comme sur le modèle présenté, sont remplacées par des modèles en forme de maille d'anneaux. Cette dernière modification, sera, dans les faits, et en particulier chez les officiers, peu suivie.

Si l'ancien modèle 1825/30 perdure toutefois jusque dans les années 1850 (il est encore usé lors de la Guerre de Crimée), les modèles - très proches - de 1844 et en particulier de 1845 restent en service jusqu'au début des années 1870, bien que leur nombre diminue à mesure qu'un nouveau modèle, le 1858, aux proportions encore réduites, s'impose à son tour avant de disparaître à l'aube des années 1880, supplanté par le modèle 1872/74.

Le modèle présenté est en parfait état et d'une facture luxueuse: tout y est doré (cimier, bombe, jugulaires); le bandeau est en véritable fauve (bien loin des standards actuels quant au soucis des animaux...). L'intérieur est doré au petit fer.



mardi 10 mai 2016

Casque de Pompier de la Ville de Nice, vers 1960


Le casque de Pompiers dit "modèle 1933", dirèctement inspiré de l'Adrian militaire modèle 1926, fut commandé par de nombreuses communes et entreprises désireuses d'en doter leurs effectifs de Sapeurs-Pompiers, parfois en remplacement de casques hors d'âge datant du milieu du XIXème siècle  voire de casques de Dragons et Cuirassiers modèles 1825/30 de seconde ou troisième main. Ce casque fut utilisé au Feu des années 30 aux années 80. Remplacé dans les années 70 par un modèle similaire en une sorte de PVC puis par le modèle F1 intégral, il est aujourd'hui encore utilisé par certaines unités, notamment les effectifs militaires des Pompiers de Paris, pour la Parade.
Cet exemplaire a d'ailleurs, dès sa réception dans les années 1960, servi aux défilés uniquement puisqu'il appartenait à mon grand-oncle, Adjudant-clarinettiste dans la Fanfare des Sapeurs-Pompiers de Nice de 1965 à 1995.  



dimanche 8 mai 2016

Dolman-pelisse d'Officier "toutes armes", vers 1900


Dolman-pelisse modèle 1875, de "belle saison". A contrario du modèle pour temps frais (voir post sur le Chef d'Escadrons de Dragons vers 1890), cet effet n'est pas doublé d'astrakan et n'est pas pourvu de cordon de serrage. Il est taillé comme un simple dolman en drap de qualité noir sur lequel est brodé un large papillon au dos. Les cinq brandebourgs ferment au moyen d'olive. Doublé de satinette noire, la dotation de ce vêtement n'est pas obligatoire pour les militaires. 
Aux manches, quatre galons de soutache noire sont brodés à la hongroise, signe que ce dolman-pelisse a appartenu à un Chef d'Escadron(s) ou de Bataillon ou encore à un Sous-Préfet auquel il était aussi destiné comme habit de travail depuis 1878. Il sera porté par le Corps Préfectoral jusque au début des années 1930 quand les militaires qui le délaisseront dès la 1ère Guerre Mondiale. 
Les galons soubise qui descendent le long du dos ont une signification: un galon pour les Officiers Subalternes, deux galons pour les Officiers Supérieurs (c'est le cas ici), trois galons pour les Officiers Généraux. Dans les faits, les Officiers Subalternes font orner ces vêtements de deux galons dans le dos, à l'instar de leur supérieur.
Pour l’accompagner, une épée à ciselures modèle 1872/84 d'Officier toutes armes et d'Etat-Major. Ce type d'épée est toujours en service. Son dessin et sa première dotation remonte à 1816.

Officier de Chasseurs à cheval, vers 1890






Lieutenant du 10ème Chasseurs à cheval - 1891 / 1899

- Shako modèle 1872: Shako d'Officier subalterne recouvert de drap de fond bleu ciel et d'un galon soubise argent. Ornements en laiton dorés. La chaînette striée et dorée au mercure est issue d'un talpack d'Officier du 2nd Empire, fantaisie parfois observée. Le plumet aux reflets verdâtres en coq se porte en Grande Tenue. Autre fantaisie, la cocarde est en tissu. L'intérieur n'est pas doré au petit fer, le fût est tapissé de soie noire sur laquelle se trouvait à l'or la griffe du chapelier, depuis effacée. La visière est frappée au verso des initiales du propriétaire, "C.F.". 

Dolman modèle 1872: En drap de fond bleu ciel doublé de satinette noire, il se ferme au moyen de neuf rangées de brandebourgs en poils de chèvre noirs. Les trèfles de même composition sont amovibles afin pouvoir être remplacés par les trèfles de grade tenue en cannetille argent. Aux manches, les galons argent à la hongroise. L'effet est daté sur sa nominette de 1889. Le nom est illisible. Sur fond de col garance soutaché de noir, le chiffre "10"est brodé en cannetille argent. Le col est rehaussé par un faux-col amidonné.
Entre 1872 et 1914, le bleu ciel, d'abord profond, presque "roi", va peu à peu s'éclaircir selon la mode pour devenir quasi-blanc à la veille de la Grande Guerre. Outre la nominette, le ton du drap permet de dater la tenue aux années 1890.

Gilet: Effet facultatif et souvent empli de fantaisie (comme ici, le col rappelant celui du dolman), il devient très difficile d'en trouver en collection. Ce dernier est en parfait état. Il provient du même lot que le dolman. Il se ferme par neuf petits boutons grelots.

- Culotte d'Officier de Cavalerie légère modèle 1888: Ce pantalon de cheval a été fabriqué par le Maître-Tailleur du 5ème Régiment de Hussards comme en attestent les boutons et l'étiquette. L'entrejambe est renforcé par une pièce de tissu supplémentaire. Sur fond de drap garance, les doubles bandes ciel passepoilées rappellent le dolman.

- Manteau d'Officier de Cavalerie modèle 1872: Ce long manteau en épais drap noir (bleu très foncé) doublé de satinette noire est commun à toutes les unités. Son emploi par la Cavalerie est indiqué par la couleur argent de ses galons et de ces chiffres métal au col. Il contraste avec le bleu ciel du reste de la tenue.

- Bonnet de police modèle 1892: Là encore, un effet qui devient rare à trouver. La coupe typique de ce modèle se remarque par ses arrondis. Fabriqué grâce à un drap de même teinte, il est passepoilé de garance. Les galons en "V" renversés sont en soutache argent. L'intérieur est doublé de soie noire.

- Etui de revolver modèle 1874 et sa courroie-ceinturon: En cuir verni noir, l'intérieur de l'étui est doublé de velours bleu ciel; couleur que l'on retrouve comme doublure-fantaisie du baudrier et de la courroie, signe que leur propriétaire originel était affecté dans une unité de Cavalerie Légère.  

- Porte-cartes modèle 1887: En cuir grenelé noir, il se ferme au moyen d'une petite serrure à clef. L'effet est doublé de maroquin pourpre.

- Bottes d'Officier: En cuir verni noir et glacé, ces bottes, dont un des embauchoirs est marqué "1907" au crayon, sont équipées d'éperons d'Officier nickelés modèle 1872.

- Sabre d'Officier de Cavalerie modèle 1882: Souvent dénommé "1883" par les collectionneurs, voire le règlement, cet exemplaire est gravé de la Manufacture de Châtellerault en 1887. La garde en laiton ciselé rappelle le modèle 1822 de la Légère encore largement porté. Lui est suspendue une dragonne de campagne modèle 1899.





mercredi 10 février 2016

Officier de Hussards, vers 1890


Capitaine du 11ème Hussards - 1888 / 1899

- Dolman d'Officier de Hussards modèle 1884: Sur fond de drap bleu ciel avec brandebourgs en poil de chèvre et galons argent à la hongroise. Chiffres 11 brodés au col en cannetille argent. Nominatif et daté de 1889.

- Shako d'Officier de Hussards modèle 1874: Fût recouvert de drap bleu ciel avec nœud hongrois argent. Pompon en bouillon argent.

- Bonnet de police modèle 1891: En drap bleu ciel soutaché de blanc, galons en pointe argent.

- Etui de revolver modèle 1874: En cuir verni noir, il comprend le holster ainsi que le baudrier et la courroie-ceinturon sur laquelle est suspendue une paie de gants fauve.

Ceinturon modèle 1883: Invisible car posé sous la tunique, il est constitué de cuir noir verni fermant par une boucle à ardillon. Afin de retenir le sabre, une bélière de type "gourmette" y est accrochée et ressort vers l'extérieur par une fente sur la tunique.



Porte-cartes modèle 1887: En cuir grenelé noir il est suspendu au ceinturon de sous-tenue par deux lanières de cuir. Une petite serrure permet de conserver la confidentialité des documents transportés.

- Sabre d'Officier de Cavalerie modèle 1882: Marqué du fourbisseur Backès & Delacour.

- Jumelles d'achat personnel.




Souvenirs d'Officier de Cuirassiers de la Garde Impériale, vers 1860



Epée de tenue de ville avec ceinturon modèle 1848 de sous-tenue & Coffret de giberne d'Officier de Cavalerie de la Garde Impériale.

jeudi 21 janvier 2016

Officier de Dragons, vers 1875




Sous-Lieutenant du 5ème Escadron Territorial de Dragons - 1872 / 1883

Cet ensemble a appartenu au même homme, Me Christian Ethis de Corny (1846 - 1930), ancien bâtonnier de l'Ordre des Avocats de Paris, et provient de sa succession établie en 1932. 
Ce Picard à l'ascendance militaire de haut rang fut Officier des Gardes Mobiles lors de la Guerre Franco-prussienne de 1870 et Sous-Lieutenant au 5ème Escadron Territorial de Dragons de 1876 à 1884.

- Képi modèle 1873: En drap noir et coiffe garance, doublé de soie carmin. Galons et jugulaires dorés. Chiffre 5 brodé en cannetille dorée. Le bandeau de sudation est doré au petit fer. L'argent comme couleur d'arme sera réglementé en 1884.
- Tunique modèle 1872: En drap noir à parements et col blancs. La jupe est doublée d'étoffe rouge. Elle peut se relever et s'agrafer à la tunique lorsque l'officier est à cheval, laissant ainsi visible cette doublure. Les boutons sot désormais flanqués de la grenade, les numéros de régiment sur ces-derniers ayant disparu avec le Second Empire. Les galons soubise boutonnés au col indiquent l'appartenance à une unité territoriale selon le nouveau règlement, unité au statut hybride, entre l'active et la réserve.
- Epaulettes modèle 1868/72: Similaires au modèle 1868, la IIIème République a cependant dé-numéroté les épaulettes pour y adjoindre en leur bouton un attribut généraliste, ici la grenade. Jusqu'en 1884 ces boutons seront similaires à ceux de l'Infanterie.
- Ceinturon d'Officier de Carabiniers modèle 1845: En cuir noir verni, plaque à la grenade. Cet effet sera attribué aux Dragons de 1868 à 1883. La plaque est doublée d'ue pièce de maroquin vert, couleur des Dragons avant 1868.
- Giberne d'Officier de Dragons modèle 1872: En 1872, l'aigle impérial disparaît au profit de symboles politiquement neutres. Les dragons reçoivent sur leur coffret la grenade sur un rayonnement en laiton doré. Quant à la banderole, le cuir de buffle blanchi disparaît au profit de cuir verni noir. Les attributs dorés au mercure conservent la tête de lion mais, là encore, la grenade remplace l'aigle.
- Sabre d'Officier de Dragons modèle 1854: Fabriqué à la Manufacture de Châtellerault en 1873, ce sabre restera en service jusqu'à la Première Guerre Mondiale.



Képi de police, vers 1910


Képi de la Sûreté Niçoise, vers 1910

Un peu de chauvinisme par cet effet, conçu en lieu et place du café où je prends ma pause déjeuner. 

Je recherche toute pièce de la Sûreté Niçoise antérieure à 1945.

Sabres de Cavalerie type Dérué



La IIIème République a été une période faste - et la dernière - pour les fourbisseurs qui ont pu concevoir d’innombrables fantaisies pour leurs clients sur les modèles disponibles (1822, 1854, 1882, 1896). Outre la production de lames, de moins en moins adaptées au combat, on note une profusion de types de garde en concurrence des modèles réglementaires. A côté des gardes sophistiquées, chargées et ciselées, une autre mode va au courant inverse fait de lignes fluides et de motifs discrets voire d'absence de motifs.
Le Lieutenant-Colonel Dérué préconise l'emploi d'une garde enveloppante aux fins de protection du soldat sans s'attarder pour autant sur la piètre qualité des lames d'alors dû en particulier à leur faible épaisseur. Cette garde se décline en de lourds modèles et e des modèles plus fins.
Ici, deux exemplaires montés sur des lames de type 1882 d'Officier de Cavalerie. Le premier, produit vers 1890 est d'une lourdeur à déplacer dangereusement le centre de gravité du sabre. Quant au second, plus tardif, plus fin, moins chargé et plus abouti, il est joint à une garde en corne blanche, élégance supplémentaire.

Sabres de Cavalerie lourde type Préval



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Vers 1830, le Colonel Préval préconisait l'emploi pour la Cavalerie de ligne et de réserve d'une forte lame à section triangulaire surmontée d'une massive garde enveloppante à huit branches.
Ce modèle ne fut pas accepté mais fut quand même produit en infimes quantités par des fourbisseurs pour certains officiers. Vulgairement, on peut le nommer "modèle 1831".
S'il ne reste que quelques exemplaires, à compter sur le doigt d'une main, de sabres constitués de la garde et de la lame du Colonel, on retrouve parfois quelques modèles de fantaisie surmontés par des gardes plus communes, et ce jusque dans les années 1900.

Le premier sabre, d'une grande rareté et dans un état exceptionnel, est tel que préconisé par ledit Colonel Préval pour les officiers. La lame, dans son poli blanc, à section triangulaire de Coulaux longue de 1 mètre est surmontée d'une garde gravée et - fait exceptionnel si on prend en compte les cahiers d'Ariès - dorée au mercure. La fusée est recouverte de galuchat foncé. Il est présenté dans un autre article avec un Colonel de Cuirassiers vers 1855/1859.

Le deuxième sabre présenté ici a été produit par Coulaux à Klingenthal vers 1840. S'il s'inspire du modèle Préval par la section triangulaire de sa lame, celle-ci reste plus chétive et on reconnaît là le travail d'un fourbisseur pour la fantaisie d'un officier qui a fait apposer une garde plus commune, ici une 1822 d'Officier de Cavalerie de Ligne.

Le troisième sabre est plus exceptionnel par ses caractéristiques. Car ici, la lame provient directement d'un modèle originel, contemporain du Colonel Préval, marquée du fourbisseur Manceaux à Paris, en 1832. La garde, montée à la Belle-Epoque s'inspire directement du modèle Préval par ses huit branches et sa massivité. Elle est stylisée selon des lignes plus épurées à la mode vers 1900 et par un plateau orné d'u damier. La qualité des alliages et du montage est excellente. Le fourbisseur qui a remonté la lame sur se garde a signé l'effet en re-gravant la lame de sa cartouche Backès & Delacour Paris.

Enfin, le quatrième sabre ci-dessous est probablement l'un des modèles fabriqués vers 1835/1840. Il a la particularité d'avoir une lame de 99cm sans marquages mais surtout une garde Préval de type troupe, parfaitement au modèle, à ceci-près qu'elle est montée sur le sabre avec une calotte d'officier de type 1845 d'Infanterie et un filigrane surlié.


Sabres d'Officier de Cavalerie légère modèle 1816



Le sabre d'Officier de Cavalerie Légère 1816 n'est consacré par aucun règlement. Il s'intercale entre le modèle An XI ( produit jusque dans les années 1840 et porté jusqu'au Second Empire) et le modèle 1817 qui sera lui délaissé par les Officiers de Cavalerie au profit des Officiers de Gendarmerie. Ce sabre est donc en lui-même assez rare car très peu produit.
Ici, deux exemplaires produits par Klingenthal en 1819 distincts par leur fantaisie: le premier a une garde à long quillon, fabriquée par Pirmet, fourbisseur parisien plus connu pour ses sabres orientaux; le second est plus étonnant par sa garde, d'abord destinée à la forte-épée d'Officier de Cavalerie de ligne modèle 1817. Garde d'autant plus surprenante qu'elle n'est pas dorée et demeure sous son aspect argent.